mardi 26 janvier 2021

 

CELEBRATION DE LA MESSE DE CLÔTURE DU JUBILE DE 175 ANS DE LA FONDATION DES AUGUSTINS DE L’ASSOMPTION

Après la célébration de la messe d’ouverture du jubilé de la 175e année de fondation des Augustins de l’Assomption le 18 janvier 2020, c’est aujourd’hui qu’elle a été clôturée par une messe d’action de grâce. Celle-ci serait célébrée la veille de Noël 2020. Mais en raison des circonstances diverses, elle a été reportée.

De prime abord, il sied de noter qu’en Province d’Afrique, cet évènement a été célébré dans divers sites selon l’organisation au niveau local.

* Le samedi 16 janvier 2021 : c’était à Goma, à Kasando, Kayna et Luofu, à Beni, Mbau et Oicha.

* Le Samedi 23 janvier 2021 : c’était le tour du centre Butembo et Kyondo.


La messe a commencé à 10h15. Elle a été présidée par le Supérieur Provincial, le Père Yves Kaghoma entouré d’une trentaine de prêtres et diacres de diverses congrégations. Elle a été chantée par les Petits d’Alzon de la paroisse Echelle du paradis de Vutetse-base, c’est en diocèse de Butembo-Beni. Au cours de la messe, le frère N’KOY BAKOLANA André-Teddy a émis ses vœux perpétuels.

Dans son homélie, le Prédicateur a tout d’abord rappelé aux fidèles que la raison d’être du rassemblement du jour est la célébration des « 175 ans de notre existence comme religieux Augustins de l’Assomption ». La célébration du jubilé comme celui-ci n’est pas seulement une occasion pour rendre grâce, mais elle nous offre aussi une opportunité de mener une réflexion en vue d’un réexamen de notre passé afin de tracer clairement la route qui convient de suivre et de prendre des résolutions pour le futur, a-t-il poursuivi. De ce fait, le Supérieur Provincial a saisi de cette occasion pour remercier les responsables des communautés du site Butembo et Kyondo qui ont organisé cette rencontre pour qu’ensemble ─Religieux, Laïcs Assomptionnistes, nos amis, nos collaborateurs dans la pastorale, sans oublier les Petits d’Alzon─, nous puissions rendre grâce au Seigneur.


C’est pourquoi, les textes bibliques en cette occasion sont très parlants : la première lecture (Lv 25, 1.8-17) nous parle de « jubilé » : 50 ans ! Cet extrait souligne l’aspect de la joie. Là, nous avons retrouvé le verbe se réjouir. Mais la joie du pardon, a explicité le Prédicateur. Donc le jubilé, c’est le temps de pardon, le temps de justice sociale, célébrer également la libération. Et pour nous les chrétiens en général, et pour nous Assomptionnistes en particulier, chaque jubilé est une occasion de rendre grâce au Seigneur Jésus, a précisé le Père.

Ce jubilé est un moment de louange et de remerciement à Dieu pour le don de grâce et de sainteté qu’au cours d’un siècle + ¾ (i.e. 175 ans), le Seigneur nous a prodigués, ainsi qu’aux confrères qui nous ont précédés combien de belles histoires ; de fidélité au Christ ! Une histoire ou des histoires marquées par des forces et des faiblesses humaines dans notre service à l’annonce de l’Evangile à travers le monde.


Le jubilé c’est en même temps une célébration d’intercession pour les années à venir afin que nous puissions être fidèles au charisme de fondation. Et ce charisme n’est rien d’autre que « former Jésus Christ en nous, le donner au monde à travers notre vie fraternelle, notre vécu des vœux de religion, notre pastorale paroissiale et éducative, la pastorale des medias et nos œuvres caritatives ». De ce charisme de fondation, nous sommes, nous Assomptionnistes d’aujourd’hui, les anneaux d’une chaîne des grâces qui se poursuit dans le temps. Confions donc à Jésus l’avenir de notre famille religieuse. Car lui seul est porteur de vie, il est porteur de grâce.

De la deuxième lecture (Ep 4, 11-16) a dit le prédicateur, j’ai retenu pour notre méditation ce qui suit : « en vivant dans la vérité de l’amour, nous grandirons dans le Christ et par lui le corps poursuit sa croissance » (v2 et 16). Ce passage souligne la croissance du corps. Et l’idée de croissance revient deux fois, a-t-il précisé. Nous avons d’abord le verbe grandir et le substantif croissance. Avec votre permission, je vais traduire « croissance » par « avenir » ! Ainsi l’expression nous grandirons dans le Christ veut dire pour nous « l’avenir de notre famille religieuse est dans le Christ ». 


Et là est notre chance. Si nous voulons un avenir meilleur pour notre congrégation, nous devons donc conjuguer deux choses : d’abord l’accueil de la vérité toute entière. Ensuite l’entrée dans la dynamique de l’amour, toujours dans la perspective d’une vie communautaire selon l’Evangile. Et cela suggère qu’une congrégation religieuse comme la nôtre, n’est pas édifiée sur des élans spontanés d’affection toujours éphémères, mais sur un amour de volonté finalisée par l’intelligence de la révélation et fortifiée par la grâce. Si nous voulons grandir comme famille religieuse, nous avons besoin de consentir aux exigences de l’amour. C’est pour cela que l’amour ; le Triple Amour fait partie de notre patrimoine spirituel. Et ici, il s’agit de l’amour de Dieu, l’amour entre nous, et aussi l’amour de notre congrégation. D’Alzon, lui, parle du triple amour : l’Amour de Jésus, l’Amour de la Vierge Marie et l’Amour de l’Eglise.


Alors à notre niveau, ce que nous avons appelé l’amour de Dieu, l’amour entre nous, l’amour de la congrégation, a ses exigences. Et quelles sont ces exigences de l’amour ? Si nous allons lire la première épitre de Paul aux Corinthiens (1Co 13,4-7), nous n’avons pas à inventer ces exigences. Elles nous sont déjà données. Pour dire que « l’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ;  il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune, il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout». C’est là le message de Paul. Telle est la vérité de l’amour qui doit présider à toutes nos relations, l’amour qui doit présider à toutes nos activités à l’intérieur comme à l’extérieur de la communauté assomptionniste, a souligné le Prédicateur.


« Allez ! De toutes les nations faites des disciples […], Enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit » nous dit Jésus dans l’Evangile (Mt 28, 16-20). Nous venons d’insister sur le primat de l’amour tout en soulignant que celui-ci ne peut être honoré qu’à la lumière de la vérité. Bien plus, introduire à la vérité de l’Evangile du Christ est l’œuvre d’amour la plus éminente et la plus urgente. Car tout homme, toute femme a le droit de connaître le chemin qui conduit à la vérité de sa condition. Et quelle est alors cette vérité de la condition humaine, s’est interrogé le Père Yves ! Cette vérité, Saint Augustin l’exprime en ces termes : « Tu nous as faits pour toi Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi ! » C’est cela la vérité de la condition humaine, a précisé le Père Yves dans son homélie. C’est cela le chemin que nous devons faire connaître à nos frères et sœurs. 


C’est surtout dans le contexte particulier de la violence, de l’insécurité, de la pandémie à corona virus dans lequel nous vivons actuellement. C’est là que nous sommes appelés à annoncer le Christ, à témoigner de l’amour. C’est ce que nous disons souvent : nous sommes appelés à porter la Bonne Nouvelle là où Dieu est menacé et l’homme menacé comme image de Dieu[1]. Sans aucun prétexte, nous n’avons pas droit de nous taire lorsqu’il s’agit d’annoncer Jésus et son Evangile, de le faire connaître, de le faire aimer. Nous n’avons pas le droit de nous taire lorsqu’il s’agit de défendre le droit de l’homme, le droit de nos frères et sœurs autour de nous. Manquer à ce devoir, serait manquer non seulement à la justice qui consiste à rendre à chacun ce qui lui est dû, mais surtout manquer à l’amour qui consiste à chercher et vouloir le bien de son prochain. Alors pour réaliser ce projet tel que voulu par notre Fondateur, il nous faut avoir le courage de faire aux hommes la charité d’être vrai à la manière dont le Verbe Incarné a manifesté l’amour de Dieu en se montrant parmi nous. Cela suppose que nous demeurions nous-mêmes dans une attitude d’humble écoute de la Parole de Dieu, que nous témoignions de l’Evangile non seulement par la Parole, mais également par le comportement en rupture avec l’esprit du monde.


Bien plus, en s’adressant aux fidèles, le Père Yves a rappelé que dans notre culture, à l’occasion de célébrer un jubilé, l’on érige toujours un monument dédié à la circonstance : (planter un arbre, construite un bâtiment, une école, un monument, etc.). C’est ainsi qu’il a indiqué que dans le contexte d’aujourd’hui, il n’en sera pas ainsi. Nous avons voulu marqué ce jour par la profession religieuse de notre frère André-Teddy. En s’adressant au lauréat, le Père a dit : « c’est toi le monument pour marquer notre anniversaire! Toutes les fois que nous penserons à ce jour de célébration de 175 ans, nous allons chaque fois tourner le regard vers toi ! Tu es cet arbre, tu es ce monument pour éterniser ce moment. Quand tu vas célébrer 25 ans de profession perpétuelle, la congrégation aura deux siècles. Donc nous avons la chance de t’avoir pour nous rappeler ce jour. » 


Dans cette considération, le Prédicateur a alors rappelé au frère André-Teddy et à tous les religieux, religieuses et Laïcs l’essentiel de leur engagement. Car c’est pour nous l’occasion de revivre notre propre consécration au Seigneur, a-t-il souligné. « Frère André-Teddy, en ce jour de ta profession solennelle, tu es appelé à être témoin de l’amour de Dieu parmi tes frères et sœurs, non seulement par ta parole, mais également par le comportement en rupture d’avec l’esprit du monde, comme nous l’avons dit tantôt. Tu as choisi aujourd’hui d’être pauvre : Certes, tu ne manqueras de rien. Il existera toujours des humains plus pauvres que toi et qui n’ont pas choisi d’être pauvres. Mais tu considéreras que tout ce que tu as, t’est donné et tu le partageras. Tu es appelé à tout donner ! A ne rien garder pour toi ! Tu auras besoin d’autres. Tu ne rechercheras pas la promotion humaine. Tu demeureras humble et pauvre comme le Christ. Car, aujourd’hui, tu choisis de t’ajuster à lui. Cher Frère, tu fais aujourd’hui le vœu de chasteté : Tu t’engages au célibat et ton cœur sera pour tous ! Sans préjuger, sans juger, sans attachement particulier, disponible à tous et à toutes, tout entier à chacun et à chacune. Tu témoigneras que Dieu met sa confiance en tout être sans faire de différence entre les humains. Finalement tu fais aujourd’hui vœu d’obéissance pour être libre : libre de servir et d’aimer comme le Christ. Nous prions pour toi et pour ta fidélité au service du Royaume de Dieu. Que cette célébration du jubilé rallume en toi et en chacun de nous l’élan missionnaire, a-t-il conclue.


Après la célébration, un repas festif a été partagé par les convives accompagné des poèmes et sketch de la part des frères novices et scolastiques sans oublier les pas de danse folklorique entraînés par l’orchestre Yira Mirembe.

Rappelons que cette année jubilaire a été marquée par la création de la Moto TV, de la Radio Moto Beni, du Complexe scolaire Museke à Beni-Mupanda et l’ouverture de la communauté du Bon Pasteur à Beni-Mupanda. Le contexte de la covid-19 et de l’insécurité a limité bien d’autres initiatives d’ouverture missionnaire. Puisse Dieu continuer à bénir les efforts des missionnaires qui continue à inspirer l’Assomption d’aujourd’hui et de demain. Merci à vous tous, frères et sœurs (Religieux et Laïcs) pour votre disponibilité au service du Royaume.






























                      
                                       
                                                                                               Propos recueillis par la Rédaction


[1] « La communauté assomptionniste existe pour l’avènement du Royaume. L’esprit du Fondateur nous pousse à faire nôtres les grandes causes de Dieu et de l’homme, nous porter là où Dieu est menacé dans l’homme et l’homme menacé comme image de Dieu. Nous avons à faire preuve d’audace, d’initiative et de désintéressement, dans  la fidélité à l’enseignement et aux orientations de l’Eglise. C’est notre manière de participer à sa vie et à sa mission » (R.V. 4).

samedi 23 janvier 2021

 

La mission de paix des Evêques de la CENCO[1] et l’ACEAC[2] dans la Paroisse de Mbau

La délégation des Evêques de la CENCO et de l’ACEAC séjourne en Diocèse de Butembo-Beni depuis vendredi 15 janvier 2021. Dès la descente de l’Avion sur l’aéroport de Mavivi, les Prélats ont effectué une visite éclair dans les villages Mbau, Oïcha, Kisiki et Maimoya qui sont parmi les villages meurtris par les massacres en grande échelle de la population. Après cette visite significative, ils ont célébrés avec les fidèles de Beni une messe de compassion sur l’esplanade de la paroisse Sainte Thérèse d’Avila de Beni-Cité le dimanche 17 janvier 2021. Ce lundi 18 janvier, la délégation s’est scindée en deux pour célébrer simultanément les messes à la cathédrale de Beni-Paida et dans l’église paroissiale de Mbau. Nous revenons ici sur la messe dite à Mbau.



A 6h52 minutes, la délégation des Evêques conduite par son Excellence Mgr l’Evêque du Diocèse de Butembo-Beni est arrivée à Mbau. Elle était constituée principalement de son Excellence Mgr José MOKO EKANGA, Vice-Président de la CENCO, Mr l’Abbé Jean-Pierre BADIDIKE, Secrétaire de l’ACEAC, Mr l’Abbé Henri CHIZA délégué de l’Evêque de Goma, Mme Lydie Waridi, chargée de communication et des agents de sécurité. Le Pasteur du diocèse de Butembo-Beni a présidé à l’Eucharistie chantée par la chorale Sacré-Cœur des Charismatiques.

Dans son homélie, Mgr José Moko Ekanga, Evêque d’Idiofa-Bandundu a intitulé leur mission en diocèse de Butembo-Beni d’une « mission de paix ». En ce sens, « si nous avons choisi de revenir prier avec vous dans cette paroisse, c’est pour vous manifester notre compassion pour l’enlèvement de vos pasteurs depuis 8 ans maintenant » a-t-il renchéri. En effet, trois pères assomptionnistes ont été kidnappés dans cette paroisse le 19 octobre 2012 et deux Abbés dans la paroisse de Bunyuka il y a 3 ans. Beaucoup de gens sont massacrés et d’autres kidnappés en territoire de Beni.  De ce fait, le prédicateur a alors compatie avec les fidèles de Mbau en invitant ceux-ci à ne jamais oublier leurs pasteurs portés disparus. Dans notre culture, disait-il, l’on sait visiter les prisonniers dans leur lieu de détention et les morts sur leur lieu de sépulture. Hélas, il n’en est pas le cas pour nos prêtres dont nous ne savons ni le sort actuel, encore moins le lieu où ils se retrouveraient. Nous ne savons pas leur rendre hommage. C’est cette peine que nous venons offrir au Seigneur dans cette célébration eucharistique. Ne les oublions pas, a-t-il supplié.



L’Eglise ne peut pas venger par des armes de guerre la violence infligée à nos frères. Elle nous convie à offrir notre souffrance au Christ, Grand-prêtre qui porte sur lui toutes nos souffrances pour les offrir à son Père. Il nous a créés libres et heureux. Voilà pourquoi, le Christ lui-même souffre avec nous dans cette misère dans laquelle nous ployons, a déduit Mgr José Moko. Offrons-lui notre souffrance car il est l’Alpha et l’Oméga. Il nous en délivrera. Car il a vaincu la mort, par conséquent, la souffrance.

En poursuivant, Mgr José Moko a indiqué que la CENCO se préoccupe beaucoup de la souffrance de la population de l’Est. Il a rappelé que toutes les fois que Mgr Sikuli Melchisédech arrive à Kinshasa pour les réunions de la CENCO, tous les Evêques restent suspendus à se lèvres pour écouter le calvaire qu’endurent les fidèles de l’Est de la RD Congo. A en croire le prélat d’Idiofa, la CENCO ne cesse de dénoncer le mal auprès des politiques. Ceux qui lisent nos lettres de la CENCO, a-t-il souligné, peuvent en témoigner. Nous allons jusqu’à rencontrer les présidents pour leur parler de l’insécurité à l’Est de la RD Congo. Nous sommes venus en mission conjointe avec l’ACEAC pour palper du doigt la souffrance que vous endurez depuis plus d’une décennie. Nous transmettrons votre peine aux Evêques de la CENCO et aux dirigeants politico-administratifs. Nous souhaiterions que votre message soit relayé par les moyens de communication jusqu’à être entendu par des instances compétentes.

Dans votre lutte pour la paix, confiait Mgr José Moko aux fidèles de Mbau, soyez toujours des hommes de prière. Car, expliquait-il, la prière est comme une corde qui relie les humains à Dieu. Elle demeure notre arme pour vaincre les forces du mal qui ruinent la société. L’Eglise ne détient pas d’armes de guerre contre les assauts de l’adversaire. La prière en est une qui soit efficace pour une lutte non violente. Elle va jusqu’à viser la conversion du bourreau. Dans cette considération, le pasteur du d’Idiofa a appelé les fidèles à prier inlassablement afin que Dieu touche les cœurs de ceux qui vous persécutent. En priant pour vos Pères et Abbés portés disparus, priez aussi pour la conversion de leurs ravisseurs. Vous êtes témoins des effets de la prière dans votre vie. Vous avez vu des malades être délivrés de leur tourment par la force de la prière. Croyez donc à la force agissante de Dieu à travers votre insistance dans la prière.

Au nom de la CENCO et de l’ACEAC, disait-il,  je présente mes compassions à Mgr Sikuli Melchisédech, Evêque et pasteur de ce diocèse aux prises avec les massacres de la paisible population. Lui, dont certains des ministres ont été victimes de la barbarie. Mgr José Moko a également présenté ses sympathies aux pères Assomptionnistes et les a félicités pour avoir accepté de poursuivre la mission pastorale dans cette paroisse de Mbau où certains de leurs ont été enlevés. Je pensais que ces pères avaient été kidnappés loin dans la forêt. Je suis surpris de voir que c’était dans une communauté en pleine cité, s’est-il exclamé ! En concluant son homélie, Mgr José Moko s’est adressé aux fidèles et les a encouragé à persévérer dans la prière. Je prie aussi pour vous, mes chers frères et sœurs, a-t-il dit. Il leur a demandé de prier aussi pour lui et pour toute la délégation venue pour la mission de paix dans le diocèse de Butembo-Beni afin que l’objectif soit atteint.


Après le chant d’action de grâce, le Curé de la paroisse Notre Dame des pauvres de Mbau, le Père Dominique Kalipi a souhaité, au nom de ses fidèles, la bienvenue aux hôtes et a peint le tableau sombre de la tragédie qui sévit dans la zone pastorale nord. Il s’en est suivi le mot du Supérieur Provincial des Augustins de l’Assomption, le Révérend Père Yves Kaghoma qui est arrivé le matin sur place pour l’accueil des mêmes hôtes. Le chef de secteur de Mbau, Mr Lumande a également pris la parole au nom de citoyens de sa juridiction pour accueillir la délégation, la féliciter pour avoir bravé la peur jusqu’à venir palper du doigt la souffrance qu’endure la population de Mbau dans ce triangle de la mort. Son excellence Mgr Sikuli Melchisédech, Pasteur du diocèse de Butembo-Beni a alors conclu la série des discours en invitant les fidèles de Mbau à rester ferme dans la foi au Christ ressuscité. Il est confiant que seul Dieu mettra fin au mal qui gangrène notre société. Tous les locuteurs ont alors exhorté les prélats à porter aux autorités gouvernementales  la peine de la population de Mbau et ses environs en vue de la restauration de la paix.


La célébration eucharistique est allée se conclure sur le lieu de mémoire aux trois prêtres portés disparus. Il s’agit du lieu où la « Dynamique Bana Mbau » avait planté trois arbres dont chacun porte les noms des Pères : Jean-Pierre Ndulani, Anselme Wasukundi et Edmond Kisughu. Les Evêques ont alors béni ces arbres plantés depuis le 19 octobre 2020, à l’occasion du huitième anniversaire de leur kidnapping.  Au terme, un petit verre de rafraîchissement a été partagé avant le retour de la délégation à Beni.


















La Rédaction                   



[1] CENCO : Conférence Episcopale nationale du Congo

[2] ACEAC : Association des conférences Episcopales de l’Afrique Centrale

dimanche 16 février 2020

ORDINATION DE SEIZE PRETRES ET UN DIACRE EN L’EGLISE DE KITATUMBA CE JEUDI 13 FEVRIER 2020
C’est au rythme des chants et des pas de danse que l’Eglise locale de Butembo-Beni a accueilli de nouveaux ministres qui collaboreront à l’annonce de l’Evangile. La célébration de l’Eucharistie a commencé à 9h00 dans l’église paroissiale Cœur Immaculé de Kitatumba. Dans cette célébration, Seize diacres ont été ordonnés prêtres dont treize diocésains et trois Assomptionnistes par l’imposition des mains de Mgr l’Evêque SIKULI PALUKU Melchisédech. En voici les noms :

1. KAKULE WAYIREWAVENE Oriel : Diocésain
2. KAKULE SIKULISIMWA Heshima : Assomptionniste
3. KAMBALE KADEU Sylvestre : Diocésain
4. KAMBALE KANIKI Anicet : Diocésain
5. KAMBALE KATALIKO Jean de la Croix : Diocésain
6. KAMBALE MADAWA MIREMBE Irénée : Diocésain
7. KAMBALE MOWAVINGI Erasme : Assomptionniste
8. KAMBALE VAYISIRIRYA Germain : Diocésain
9. KAMBALE WAMBUGHA SAFARI Viator : Diocésain
10. KASEREKA BWAHASA Olivier : Diocésain
11. KASEREKA KANYITSINGA Elisée : Diocésain
12. KASEREKA MAFUTAMINGI OMBENI Éric : Diocésain
13. KASEREKA SAFARI Gerlace : Assomptionniste
14. KAVUSA MAHAMBA Simon-Pierre : Diocésain
15. MBINDULE SYAYIKUMYA Mercier : Diocésain
16. MUHINDO SIMBUGHA Godefroid : Diocésain.

Un frère de l’Ordre des Carmes a été ordonné diacre. Il s’agit de KWAYA NZONGO Noël-Trésor. L’Ordinaire du lieu a aussi conféré le lectorat à 12 séminaristes et l’acolytat à 9 autres séminaristes.
Mgr l’Evêque a introduit son homélie par l’expression de la grande joie qu’éprouve le diocèse de Butembo-Beni aussi bien l’Eglise universelle par la célébration de divers ministères que vont recevoir les élus du jour. Les saintes Ecritures dont nous venons de suivre la lecture, nous rappelle que conduire ou guider le peuple de Dieu n’est pas tâche facile. Mais Dieu est toujours du côté de ses serviteurs, a-t-il noté. L’homélie de Mgr l’Evêque comprenait trois points, à savoir : la méditation des références du jour, les sens des ministères et l’exhortation du Pasteur face aux questions socio-politiques.

1. Méditation des références du jour
La première lecture est tirée du livre des Nombres (11,11-12.14-17.24-25). Moïse, après la tentation du découragement dû à la protestation du peuple pour la viande, a reçu de Dieu de l’aide pour continuer sa mission de conduire le peuple d’Israël. Car Moïse se plaignait déjà en ces termes : « je ne puis, à moi seul, porter tout ce peuple : c’est trop lourd pour moi (…) » (v 14). La volonté de Dieu est de sauver tout le monde, a dit le prédicateur. Lui-même choisit et envoie des serviteurs pour cette mission au service du salut. En effet, Dieu a choisi 70 sages sur qui il a fait descendre son Esprit Saint et les a adjoints à Moïse afin de continuer la mission de conduire le Peuple de Dieu.

La deuxième lecture quant à elle, fait état de l’institution de sept diacres pour aider les Apôtres dans leur mission d’annoncer la Parole de Dieu. Ils sont choisis pour le service des tables (cf. Ac 6,1-7).
L’Evangile (Jn 12, 24-26) enseigne que si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. De cette manière le Christ lui-même est mort afin de nous obtenir la vie en abondance. Les chrétiens se sacrifient aussi pour annoncer l’Evangile du royaume de Dieu. De ce fait, le diacre et le prêtre participent à la mission du Christ pour sauver et servir les hommes. Voilà pourquoi, disait Mgr l’Evêque, je me dois de rappeler aux élus d’aujourd’hui le sens des ministères auxquels ils vont s’engager.
2. Sens des ministères diaconal et presbytéral
Les diacres sont des serviteurs de Jésus Christ, lui qui s’est révélé serviteur de ses disciples. A l’exemple du Christ, le diacre reçoit le service d’aider afin de témoigner de l’amour sans limite de Dieu. Le diaconat, c’est se dévouer au service des autres dans la joie et l’amour. De ce fait, le diacre accomplit la volonté de Dieu de tout son cœur. Sachez donc, chers diacres, que personne ne doit servir deux maîtres à la fois. Rappelez-vous aussi que suivre le mal et la cupidité c’est l’idolâtrie.

L’Ordinaire du lieu a invité les élus du jour à s’enraciner et s’appuyer sur Jésus Christ, le roc inébranlable. Qu’ils soient sans tâche ni péché aux yeux des gens comme il se doit pour tout serviteur du Christ et tout témoin des mystères sacrés. Il ne suffit pas d’écouter l’Evangile du Christ, mais bien de le proclamer et de le vivre. Alors cher diacre, garde la foi authentique. Que par ta conduite, tu inspires la confiance aux gens. Que tes actes témoignent de la Parole de Dieu que tu es appelé à prêcher. Proclame à toutes les nations la Bonne Nouvelle du salut que tu as toi-même accueillie depuis ta jeunesse. Lis et médite-la pour que tu y croies. Enseigne ce en quoi tu crois et vis ce que tu enseignes. Car, si ce que tu enseignes ne correspond pas avec ce que tu vis, il ne sert à rien d’enseigner.
A vous chers prêtres, par ce ministère, vous enseignerez les fidèles au nom du Christ leur Maître, vous sanctifierez le peuple de Dieu. Que vos homélies et sermons ne se contentent pas d’édifier intellectuellement les fidèles, mais bien plus qu’ils nourrissent leurs âmes et leur vie. Enseignez les gens d’un cœur humble, patient tout en dialoguant avec leurs cœurs. Que la bonne odeur de votre ministère soit la joie et le rempart de la vie spirituelle de vos frères et sœurs. Car, enseigner la Parole sans en témoigner n’est rien. C’est pourquoi, soyez conscient de votre engagement d’autant plus que vous êtes appelés à accomplir le ministère du Christ. Par ce ministère vous offrirez le sacrifice du Christ et vous unirez l’offrande des chrétiens à celle du Christ, grand prêtre. Vous le ferez dans le saint sacrifice de la messe, a indiqué Mgr l’Evêque. Prenez donc conscience de ce que vous aurez à faire et qu’il y ait une adéquation entre votre conduite et ce saint sacrifice, puisque vous y célébrerez le mémorial de la mort et de la résurrection de notre Seigneur Jésus Christ. Efforcez-vous d’éradiquer en vous toute impureté et ayez un comportement irréprochable. Conciliez votre conduite avec ce mystère que vous célébrez afin qu’en lui, votre vie soit toujours renouvelée dans le sacrifice eucharistique.

Bien plus, dans la célébration du sacrement de baptême, vous accueillerez les gens dans la famille des élus de Dieu. Par le sacrement de réconciliation, vous pardonnerez les péchés des hommes au nom du Christ et de l’Eglise. Vous réconforterez les malades dans leurs souffrances, par l’onction. Dans votre ministère, vous conférerez tous les sacrements et vous prierez la prière de l’Eglise. Vous louerez et acclamerez Dieu à travers votre prière quotidienne non seulement pour le peuple de Dieu, mais plus pour le monde entier. En tout cela, rappelez-vous que vous avez été choisis du milieu des hommes et des femmes de notre société afin d’être des envoyés de Dieu parmi eux. Ainsi donc, accomplissez la mission du Christ, grand prêtre, dans la vraie joie. Ne cherchez pas des intérêts égoïstes, mais bien ceux du Christ qui profitent à tous. Incarnez donc le sacerdoce du Christ, lui qui est la tête de l’Eglise que vous êtes appelés à servir.
Enfin, Mgr l’Evêque a recommandé trois choses aux élus du jour :

§ Que le Christ soit le roc de votre vie,
§ Soyez de bénédiction partout où vous serez en mission,
§ En toute circonstance, vivez votre sacerdoce non pas comme un fardeau mais comme un don de Dieu.
3. Exhortation du Pasteur face aux questions socio-politiques
Vu la montée à flèche des massacres dans notre diocèse, le Prélat du diocèse de Butembo-Beni a dit qu’il unissait sa voix à celle de ceux et celles qui luttent, de l’intérieur comme de l’extérieur de notre pays, pour la cessation de cette barbarie. Il en appelle à l’arrêt définitif des massacres à Minembwe, Ituri, Eringeti, Mbau, Oicha, Mayimoya, Beni, Butembo, Kamango, etc. Ainsi, a-t-il invité tous les chrétiens et toutes les personnes de bonne volonté à faire de leur possible pour en finir avec la dramatique situation des massacres perpétrés au sein du diocèse.  
Certes, nombreux d’entre vous voient le flux de déplacés de guerre, et les accueillent. Je vous encourage à être hospitalier à leur égard et cela de bon cœur, disait Mgr l’Evêque. Cependant, a-t-il poursuivi, faites attention à cet accueil qui peut aussi compromettre notre lutte acharnée contre l’épidémie à virus Ebola. Lorsque vous accueillez les réfugiés, rassurez-vous qu’ils sont vaccinés de peur de faire ressurgir cette pandémie qui continue à faire des victimes dans des régions comme Mandima, Mabalako, Kantine, Mangina, kalunguta, Beni, etc. De ce fait, Mgr l’Evêque nous a alors exhortés de sensibiliser les déplacés venus de ces régions dites en haut-risque, à recevoir le vaccin contre la maladie à virus Ebola.  Il en a profité pour supplier l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) de ne pas partir de Butembo sans se rassurer d’avoir vacciné toute la population de Butembo et environ. D’autant plus que, à en croire l’Ordinaire du lieu, Butembo demeure extrêmement vulnérable tout comme Beni. Un seul cas comme une seule tige d’allumette, suffit pour provoquer une flambée d’Ebola, a-t-il signifié. Pour finir, Mgr l’Evêque a condamné le déguerpissement des habitants et la démolition des maisons à Misebere, la semaine dernière. Pour l’Evêque, les auteurs de ces actes ne sont pas moins que les ADF qui causent mort et désolation à notre peuple à Beni ville et territoire.
La messe a pris fin à 14h20, suivie d’un verre de rafraichissement dans la salle de la sous-coordination des Ecoles Conventionnées Catholiques à Kitatumba même. La fête était animée au rythme des chansons et danses de Yira Mirembe. Nous souhaitons un fructueux ministère aux nouveaux diacres et prêtres.

La Rédaction

vendredi 29 novembre 2019


CELEBRATION DU 139e ANNIVERSAIRE DU « DIES NATALIS » DU TRP EMMANUEL D’ALZON
Les 21 novembre nous célébrons la mémoire de la mort du Très Révérend Père Emmanuel d’Alzon, fondateur des Augustins de l’Assomption. Le père d’Alzon est né en 1810, il est mort en 1880. L’année 2019 en a marqué le 139e anniversaire de décès. Cet évènement a été célébré avec faste dans nombre de communautés en Province d’Afrique. Exceptionnellement, en ville de Butembo, la célébration a été transposée pour le samedi 23 novembre 2019 car elle coïncidait avec la fête patronale de l’Université de l’Assomption au Congo (En sigle, UAC).
La messe a commencé à 15h00, heure de Butembo, dans la chapelle des Oblates de l’Assomption de Malkia wa Mbingu à Mapendano. Elle a été chantée par les novices oblates et assomptionnistes. Le Supérieur Provincial des Augustins de l’Assomption en Afrique, Père Yves Kaghoma a présidé. Il était entouré d’une dizaine des prêtres et de quatre diacres.
Dans son homélie, le père a d’emblée indiqué que quelle que soit la situation trouble que traverse notre pays la RD Congo, nous sommes conviés à célébrer l’anniversaire de notre fondateur. Car l’Eucharistie est une action de grâce. Nous avons la joie d’être des héritiers du Père d’Alzon. En ce sens, la joie est un fruit de la passion du Règne de Dieu qui nous hante comme fils et filles d’Emmanuel D’Alzon. Celui-ci, « sensible, par nature et par grâce, aux grandes mutations de son pays et du monde après la Révolution française, il souffre partout où Dieu est menacé dans l’homme et l’homme menacé comme image de Dieu » (R.V. p.3, § 3). Cette joie est une manifestation de notre reconnaissance d’avoir un fondateur que nous espérons revoir dans la gloire éternelle. Nous avons l’assurance que nous continuons notre mission de travailler à l’avènement du règne de paix, d’unité, de concorde aussi dans ce contexte d’insécurité grandissante.
Cependant pour y arriver, nous devons aimer davantage Dieu. Par ricochet, le prédicateur s’est appuyé sur la lecture de la « Lettre à l’Eglise d’Ephèse »[1] qui stipule : « Mais j’ai contre toi que ton premier amour, tu l’as abandonné ». L’orateur nous a ainsi reprochés notre lassitude dans l’amour envers Dieu : « nous n’aimons plus Dieu comme au lendemain de notre engagement. Que s’est-il passé ?» s’est interrogé le prédicateur. Pourtant, a-t-il poursuivi, si nous aimions Dieu, il n’y aurait pas d’absence aux exercices dévotionnels de la communauté, personne ne se sentirait seul, etc. Cette célébration est, pour nous, une occasion de redécouvrir notre attachement au Christ. Sommes-nous ces hommes/ces femmes qui sont prêts à servir Dieu sans partage ? Ne sommes-nous pas influencés par la quête des intérêts personnels ?
En effet, le religieux /la religieuse qui oublie qu’il est homme de Dieu gâche sa vie et celle des autres. A la question de Jésus : « qui est ma mère, qui sont mes frères ?» (Mt 12,46-50), le père Yves a fait savoir que personne n’ignore qui est la mère de Jésus. Sinon, Jésus voudrait tout simplement nous révéler que « celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est de la parenté de Jésus ». Bref, Assomptionnistes, nous sommes les apôtres de Jésus car nous travaillons pour le Règne de Dieu, nous voulons que la volonté de Dieu s’accomplisse en nous et autour de nous. C’est à cela que le prédicateur nous a conviés.
Après la messe, un verre de rafraichissement a été partagé dans la grande salle de Malkia. Que vivent les ouvriers du Royaume et que notre Fondateur repose dans la paix.  


























La Rédaction      



[1] « […] Je connais tes actions, ta peine, ta persévérance, je sais que tu ne peux supporter les malfaisants ; tu as mis à l’épreuve ceux qui se disent apôtres et ne le sont pas ; tu as découvert qu’ils étaient menteurs. […] Mais j’ai contre toi que ton premier amour, tu l’as abandonné. » (Ap 2, 1-4).  

lundi 18 novembre 2019


OBSEQUES DU REVEREND PERE KAHINDO MUNYENZE ANICET
Le Père Munyenze Anicet est décédé soudainement ce mardi 12 novembre 2019 vers 7h15. A en croire les diagnostiques du médecin, le père Anicet a piqué une crise de  « paludisme compliqué d’hypertension artérielle maligne qui s’est suivi d’un accident vasculaire cérébral » alors qu’il s’apprêtait à aller célébrer une messe à Wanamahika. Ainsi a-t-il été conduit aux soins à Matanda où il a été hospitalisé aux soins intensifs et sous oxygène. Le décès du Père Anicet Munyenze a surgi comme un éclair d’orage pour nous époustoufler.


1. De la levée du corps de la morgue
Le corps du père Anicet Munyenze a été levé de la morgue de matanda le vendredi 15 novembre 2019 à 16h15. Religieux, religieuses, familiers, amis et connaissances étaient réunis, tout en larmes, dans la cours pour la prière de bénédiction du corps dirigée par le Supérieur Provincial, père Yves Kaghoma. De Matanda, le cortège funèbre a fait une escale dans la communauté de Kindugu où résidait le Père Anicet Munyenze pendant les quatre dernières années. Après une courte prière dirigée par le Père Victor Ndakasi accompagné des fidèles de la communauté chrétienne de Kindugu /Cophaco, le cortège est reparti pour la veillée à la maison Lwanga.

2. De la veillée mortuaire
La dépouille du père Munyenze Anicet est arrivée à la maison Lwanga vers 18h23. Les gens étaient amassés dans la cours tout triste pour attendre la veillée. Le père Yves a accueilli le trépassé dans la chapelle par une absoute. Ensuite les gens défilaient pour s’incliner devant le corps. L’ordinaire du lieu était présent. S’en est suivi alors la messe qui a ouvert la veillée. Le père Yves a présidé la célébration, il était entouré d’une trentaine de prêtres de diverses congrégations. Elle a été animée, de façon émouvante, par les novices Assomptionnistes et PSP.

3. Des obsèques
La messe des obsèques a commencé à 10h00 dans l’église paroissiale Cœur Immaculé de Marie de Kitatumba. Elle a été célébrée par Mgr l’Evêque, Sikuli Paluku Melchisédech, entouré de beaucoup de prêtres et des fidèles. « Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi » (Jn 6,37b), disait l’Ordinaire du lieu au début de son homélie. Il a ensuite présenté ses condoléances à la famille de l’Assomption, de façon particulière aux Augustins de l’Assomption, aux prêtres, aux religieux et religieuses, aux fidèles du diocèse de Butembo-Beni, à la famille biologique, aux amis et connaissances du Père Anicet, aux élèves de l’Itav/Butembo où  père Anicet travaillait. L’objet de notre rassemblement, a indiqué l’Evêque, est de célébrer le mystère de la mort, à l’occurrence celle du père Anicet, chose qui n’est pas facile à comprendre, encore moins à interpréter si ce n’est par la foi en Jésus Christ, même si on est appelé à accueillir la mort telle quelle. Le Christ demeure donc l’unique clé d’interprétation de ce mystère. En ce sens, il a dit, dans l’Evangile du jour (Jn 6,35-40) : « Tout homme qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors. Quiconque croit en moi aura la vie éternelle ». Jésus montre que la raison d’être de l’humain dans le monde est de ressusciter en lui. Autrement dit, nous sommes au monde pour ressusciter et non pour mourir. Nous ne sommes pas des êtres pour le néant, mais pour la vie éternelle, a renchéri le prédicateur.

En outre, Dieu est pour nous un père qui accueille et pardonne. Il se fait proche de ceux qui souffrent. Nous qui pleurons le père Anicet aujourd’hui, nous sommes de ceux-là. L’auteur sacré de la première lecture (Sg 3, 1-6.9) disait que : « les âmes des justes sont dans la main de Dieu ; aucun tourment n’a de prise sur eux. » L’Evêque a alors déduit que le Père Anicet a cru et reçu le baptême dans le Christ Jésus. Il l’a servi. Comme religieux et prêtre, il a célébré le mystère du Christ dans l’Eucharistie ; il a distribué le corps et le sang du Christ aux fidèles. Si la volonté de Dieu est que le Christ ne perde aucun de ceux que le père lui a donné, alors cela nourrit davantage notre espérance qu’Anicet bénéficie de la miséricorde de Dieu. De ce fait, au-delà de la vie terrestre, une joie attend le père Anicet dans le Royaume qu’il a tant servi durant tout son ministère.  

Après la messe, le cortège funèbre s’est dirigé au cimetière des pères Assomptionnistes à Mahamba. C’est ici que le père Kahindo Munyenze Anicet se repose dans la paix auprès de ses frères. Que les âmes de tous nos fidèles défunts reposent dans l’éternelle joie venant du Christ ressuscité, Amen !  

La Rédaction