lundi 19 janvier 2015

L’Emmanuel de Goma souffle sur sa première bougie



L’Emmanuel de Goma souffle sur sa première bougie







 P. François, a.a.

Le temps de l’Avent en blanc

                                           Chorale Les Messagers. Paroisse de l’Emmanuel

L’Avent en blanc
A quelques jours de la célébration de la fête de la « Navedad » ou Nativité de Jésus, la paroisse de l’Emmanuel a soufflé sur sa première bougie. Cette célébration-anniversaire a  coloré en blanc le temps fort de l’Avent qui l’introduisait déjà dans la joie lumineuse de la nativité de l’enfant -Jésus-Emmanuel
 Pour rappel, la paroisse de l’Emmanuel de Goma est vieille d’une année déjà. Elle a été officiellement érigée le 14 décembre 2013 par son Excellence Monseigneur Théophile, Evêque de Goma. Ce premier anniversaire a été célébré avec faste par les paroissiens autour de  leurs pasteurs. Le curé doyen du diocèse, monsieur l’abbé Romain Lukoo a présidé à l’Eucharistie d’action de grâce et a procédé à la bénédiction des bureaux paroissiaux, effort des chrétiens, en vue d’offrir un cadre idéal de service à l’équipe paroissiale.
Bilan prometteur et défi majeur
Le bilan des activités d’une année de labeur est prometteur : 62 mariages, 623 baptêmes, 325 communiandi, 267 confirmandi, une grotte à l’honneur de la Vierge Marie, 5 portes bureaux aux côtés  d’une salle de réunion. Ce n’est pas encore beaucoup, ce n’est pas peu non plus comme  réalisation en une année mais l’important c’est l’esprit de famille et de sacrifice dans lequel tout se réalise. Les fidèles de l’Emmanuel sont plus que déterminés à travailler main à main avec leurs pasteurs pour porter haut l’étendard de cette nouvelle paroisse qui a pour ambition de se hisser au même standard que les paroisses aînées qui lui ont donné naissance (…). Le plus grand défis reste, cependant,  la construction du presbytère plus  proche de l’Eglise pour une pastorale de proximité. Il ya du pain sur la planche.
Noël à la Paroisse de l’Emmanuel
La célébration de Noël a commencé par les messes de la veille. Les trois quartiers ont eu droit aux  célébrations eucharistiques qui ont débuté à 17 heures. Cette veillée a plongé tous les enfants de Dieu dans les liesses de la nativité qui se sont poursuivies le lendemain c’est-à dire le 25 décembre 2014.
La communauté assomptionniste était invitée chez les sœurs de sainte Ursule de Tildonk pour la fête en famille. Là, il y avait à manger et à boire au rythme de la musique congolaise et étrangère. La joie était au rendez-vous. Nous espérons qu’il en était de même chez vous. « Soyez dans la joie car l’Emmanuel est venu chez vous ».


vendredi 26 décembre 2014

LA PAIX DE L'EMMANUEL



JOYEUX NOËL ET BONNE ANNÉE 2015 A VOUS TOUS!
« Je vous laisse  la paix, je vous ma  donne  paix » (Jn 14,27) .
La question de la paix traverse la Bible  d’un bout à l’autre.  Mais la réalité de la vie concrète pousse les  générations à s’interroger sur les rapports entre  la paix de Dieu et   la paix des hommes. Les hommes sont en recherche constante de la paix. Toutefois les trop nombreux conflits qui décorent l’histoire mondiale montrent bien que ces efforts semblent vains.
Il y a donc un réel problème. L’homme veut la paix, mais n’arrive jamais à l’obtenir (au moins durablement  et véritablement). Faut-il dire que l’homme procède  mal pour  la   rechercher ou la cherche- t- il  où elle n’est pas ?  Pourtant le Christ a dit : « je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » (Jn 14,27). De quelle paix s’agissait-il  au milieu de  toutes  ces guerres en Syrie, en  Centre Afrique, en Irak, même en Jérusalem ; ville natale de Jésus ? Que dire de tous ces massacres des innocents en territoire de Beni au Nord-Kivu /RDC ?
Qu’est-ce que la paix
Selon l’encyclopédie catholicisme, le terme « paix »  regorge des  contenus très variés  au point qu’il conduit dans une ambivalence. Si  la définition la plus classique définit la paix comme tranquillité dans l’ordre et donc comme une réalité intérieure, la  « paix » porte aussi une connotation  dynamique. Elle est alors  une recherche d’un type de rapport entre humains, tendant à les réconcilier, à les unifier par une réelle fraternité et par l’amour[1]. De ce fait, la paix devient synonyme d’efforts, de lutte pour dépasser  les égoïsmes, les injustices, les conflits. Elle est donc une œuvre à réaliser[2].  Elle est un combat. Au lieu de mener la guerre, il ya lieu  de faire un combat pour la paix. La paix devient ainsi  une entreprise de conversion et de transformation du monde à la lumière de l’Evangile[3].
Christ, notre paix
Dans la nouvelle Alliance, le concept de  paix est toujours présenté en relation avec la personne du Christ et sa présence. Déjà à sa naissance Saint Luc présente  Jésus à la crèche comme facteur de paix par  ces termes : " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes objets de sa complaisance !» (Lc. 2, 14).  Dans l’épitre aux Ephésiens  2, 13, Jésus est non seulement identifié à la paix, il y est présenté comme « notre paix ». Le Christ est « notre paix » parce que  dans  sa « chair » au moyen de « la croix », il  a  concrétisé  la réconciliation fondamentale et définitive entre Dieu et l’humanité[4]. 
La paix du Christ   c’est la loi de l’amour. Le Christ  est le premier à nous aimer. C’est  là le commandement  nouveau qu’il nous lègue. « Demeurez dans mon amour»( Cf. Jn 15, 9-15). Malheureusement  nous avons été infidèles  à  ce commandement et nous ne restituons  pas à Jésus  l’amour qu’il nous a donné. C’est dans le respect de ce   commandement   que  nous vivrons dans la paix du Christ: « aimez- vous les uns les autres.»( Jn 13,34).  De là suit la conséquence qu’à la division apparemment irrémédiable de l’humanité jusqu’alors dévorée par la « haine », va se substituer une  unité nouvelle fondée sur le Christ.

3.  Le péché comme obstacle à  la paix

Dieu est saint. Mais le  péché nous a séparé   de lui et a fait de nous ses ennemis  et des loups, des « bouchérs » pour  nos frères.  En péchant,  « c'est donc en lui-même que l'homme est divisé. Voici que toute la vie des hommes, individuelle et collective, se manifeste comme une lutte, combien dramatique, entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres. Bien plus, voici que l'homme se découvre incapable par lui-même de vaincre effectivement les assauts du mal; et ainsi chacun se sent comme chargé de chaînes. Mais le Seigneur en personne est venu pour restaurer l'homme dans sa liberté et sa force, le rénovant intérieurement et jetant dehors le prince de ce monde (cf. Jn 12,31), qui le retenait dans l'esclavage du péché. Quant au péché, il amoindrit l'homme lui-même en l'empêchant d'atteindre sa plénitude » (G.S. n°4).
Depuis ce  premier  péché, une véritable "invasion" du péché inonde le monde: le fratricide commis par Caïn sur Abel (cf. Gn 4,3-15); la corruption universelle à la suite du péché (cf. Gn 6,5 6,12 Rm 1,18-32); dans l'histoire d'Israël, le péché se manifeste fréquemment, surtout comme une infidélité au Dieu de l'Alliance et comme transgression de la Loi de Moïse; et même après la Rédemption du Christ, parmi les chrétiens, le péché se manifeste de nombreuses manières (cf. 1Co 1-6 ; Ap. 2-3).
La paix des hommes est- elle la paix de Dieu ?
La paix de Dieu et  la paix des hommes sont deux visées  bien différentes. La paix des hommes concerne les rapports entre les hommes dans le maintenant de l’histoire. Sa visée  est l’aménagement dans la justice et  dans la concorde  de la cité et la planète- terre. Elle est l’œuvre de l’homme. Face à des situations d’aliénation et d’exploitation, elle se formule en termes de libération sociopolitique.
La paix de Dieu se situe  sur le plan des  rapports  entre les hommes et Dieu. Proposée à l’humanité pécheresse, elle  est  fondamentalement réconciliation, puis amitié avec lui. Elle est d’abord œuvre de Dieu, signifiée et accomplie en Jésus Christ.   La paix  du Christ  dépasse  le pur ordre temporel ou politique. Elle est essentiellement religieuse. Cet  idéal se « concrétise dans  l’enseignement de Jésus par l’amour de l’ennemi, la non violence comme seule réponse à la violence »[5] ,  aimer les ennemis  pour en faire des frères dit Saint Augustin.  C’est ici que  le Christ dit lui-même : « Vous avez appris œil pour œil, dent pour dent. Mais moi je vous dis : aimez vos ennemis»(Mt 5, 44).
Le  Christ en nous donnant sa paix, nous offre  un parfait bonheur. Cette paix  est celle qui conduit à l’amour  mutuel : « Aimez-vous les uns  les autres » (Jn 14,).  Si nous pouvons être des frères, c’est uniquement par Jésus Christ et en Jésus Christ. Les hommes sont en état de guerre. Mais « Jésus Christ est notre paix ». En lui, l’humanité déchirée a retrouvé son unité. La paix des hommes ne peut  trouver son sens qu’en s’appuyant sur la paix de Dieu. Car, dit-il, « Sans moi  vous ne  pouvez rien faire» (Jn 15,5). Prions pour la conversion de nos bourreaux que, de leurs épées ils forgent des socs et de leurs lances des serpes.  (Ésaïe 2:4 ; Michée 4:3).
            Puisse le Prince de la paix qui est né parmi nous face de nous  des artisans de  paix, pour que :
Là où demeure la haine, que nous apportions l'amour.
Là demeure l'offense, que nous apportions le pardon.
Là où  demeure la discorde, que nous mettions l'unité.
Là où demeure l'erreur, que nous apportions la vérité.
Là où  demeure le désespoir, que nous  nous mettions l'espérance.

Frère MUMBERE MUPAYA Jacques a.a


[1] Cf . Commission Pontificale Justice et Paix, « La paix» in Encyclopédie  catholicisme , tome X, Paris, Latouzey, 1985,  col. 418.
2 Ibidem

[3] Cf . R. COSTE, « Paix messianique, paix des hommes »  in   Nouvelle Revue Théologique, Paris, Casterman, n° 95, 1973, p. 72O.
[4]  Ibidm, p.  63I .
[5]  Commission Pontificale Justice et Paix, Op. Cit., Col. 422.

mardi 23 décembre 2014

CINQ NOUVEAUX MINISTRES POUR L'EGLISE DE BUTEMBO-BENI

Le dimanche 28 décembre 2014 l’Église de Butembo-Beni aura de nouveaux ministres au service de l’Évangile. Depuis trois semaines dans les églises et à la Radio Moto Butembo Beni les bans proclamés annoncent l'ordination prochaine de 
KAKULE MBAKULA Jean-Baptiste, aa. qui sera diacre. Après sa licence en communication il a été nommé économe de la paroisse Oicha et journaliste à la Radio Moto d'Oicha. 
PALUKU KAMILI Jean-Paul, aa qui sera diacre. Après sa licence en communication il a nommé économe de la Maison Quenard, Maison provinciale des Augustins de l'Assomption d'Afrique et Secrétaire de la section de communication à l'ISEAB. Ces deux futurs diacres sont des artistes du groupe folklorique Yira Mirembe qui rayonne depuis Kambali avec les 6 volumes qui sont sur le marché de la musique folklorique nande. 
KATEMBO MWANGA Joseph, des prêtres du Sacré Cœur de Jésus, pionniers de l'évangélisation de Butembo-Beni installés à Kiragho, sera dans sa congrégation le premier prêtre originaire de ce diocèse. Il sera un modèle pour d'autres jeunes de ce diocèse qui évoluent encore au noviciat de Kiragho et dans d'autres maisons de formation des Déhoniens.
PALUKU LUSENGE Jean-Christophe, des moines Sylvestrins Bénédictins installés à Wayene, sera le premier prêtre parmi les jeunes qui ont commencé la formation à Bulengera. Ils ont vécu deux ans avec les jeunes étudiants assomptionnistes, de qui il a eu le surnom de "Papa bergère" à cause de son zèle et sa piété de renouveau charismatique.
Enfin PALUKU SIRIMWENGE Désiré, aa, enseignant de philosophie sera prêtre en même temps que ses propres étudiants. En effet il est diacre depuis le 13 novembre 2005, ainsi il a la plus grande expérience du ministère que ces c-ordinands. Il sera sans doute le plus heureux de tous pour avoir bénéficié de la grâce de Dieu après une si longue attente. 
L'Eucharistie aura lieu ce dimanche de la Sainte Famille autour de 9 heures à la Cathédrale Mater Ecclesiae de Butembo, présidée par Mgr. SIKULI PALUKU Melchisédech, ordinaire du lieu. La réception aura lieu à Mukuna. Nous souhaitons un fructueux ministère à tous ces jeunes qui sont déjà en retraite au noviciat des Père Sacré Cœur de Jésus à Kiragho sous l'accompagnement du Père Yves Kaghoma, aa. jusqu'au samedi 27 décembre 2014.

lundi 15 décembre 2014

Mgr. ADOLFO TITO RECONFORTE LES FIDELES DE BUTEMBO-BENI

Le nonce s'adressant aux chrétiens de Mbau
Du jeudi 11 au dimanche 14 décembre 2014 le Nonce apostolique en RDC, Mgr Adolfo TITO YLLANA, accompagné d'une forte délégation de la Cenco a fait une visite de réconfort au diocèse Butembo-Beni, suite aux divers massacres perpétrés dans les paroisses Beni-Paida, Maboya, Mbau, Oicha, Eringeti, Buisegha... La délégation était de composée de Mgr Nicolas Djomo, Évêque de Tshumbe et président de la Cenco, Mgr François-Xavier Maro, Archevêque de Bukavu, Mgr Théophile Kaboy, Évêque de Goma, M. l’Abbé André Masinganda, 2ème Général Adjoint de la CENCO, M. l’Abbé Jean-Marie Bomengola, Secrétaire de la Commission épiscopale des communications sociales, M. l’Abbé Justin Sekatera, directeur du centre interdiocésain de pastorale, catéchèse et liturgie de Bukavu et de la sœur Yolande Munyi, intendante de l’Archevêché de Bukavu. Comme il l'avait promis à la célébration du cinquantenaire du martyre de la Bienheureuse Anuarite le 1er décembre 2014 à Isiro, le nonce apostolique n'a pas tardé à réaliser sa promesse, celle de transmettre le message du Pape François aux fidèles en détresse dans le nord de la province du Nord-Kivu.
Le nonce reçu à l'aéroport de Mavivi

Autour de 15 heures l'avion de la compagnie Busy Bee a atterri à l’aéroport de Mavivi. A son bord était la suite du nonce apostolique. A sa descente elle a été accueillie par Mgr SIKULI PALUKU Melchisédech, Évêque de Butembo-Beni, accompagné des autorités civiles et militaires de Beni, des ecclésiastiques et des fidèles venus de Butembo et Beni. Un long cortège s'est dirigé automatiquement vers la paroisse d'Oicha où les fidèles ont accueilli le nonce avec joie et espérance dans l’église paroissiale. Après le mot d'accueil du P. Félix Kisenge, Curé de la paroisse, Mgr. Melchisédech a exprimé sa joie d'accueillir toute la délégation en présentant chacun des hôtes à l'assemblée.
Au milieu des novices PSP à la maison généralice 
Le nonce apostolique Mgr. Adolfo s'est adressé aux chrétiens en présentant les motifs de cette visite: le Saint Père François l'a envoyé dire aux chrétiens qu'il est avec nous; par cette présence tous les évêques de la RDC et tous les fidèles du monde entier prient avec nous; l'espérance chrétienne est notre gage en toute circonstance. Le nonce a dit qu'en entrant en cette église d'Oicha, il a vu les fidèles comme les apôtres du Christ et les premiers chrétiens subissant la persécution à cause de leur foi. Comme eux les chrétiens de Butembo-Beni n'ont pas perdu espoir, ils garde la foi au Christ qui a montré l'exemple à tous les témoins de l’Évangile. Nous sommes invités à tenir fort dans cette espérance en luttant non pas par les armes, mais par la prière et l'amour manifesté entre nous.
C'est le même message qu'il a repris aux chrétiens de Mbau, Beni, Kabasha, Maboya, Butembo et partout où il a fait escale. Le Vendredi 12 décembre 2014 à Beni à partir de 9 heures tous les évêques et prêtres ont concélébré autour du nonce l'Eucharistie pour demander la paix. Le lendemain Samedi 13 décembre 2014 la même intention a été exprimée au cours de l'Eucharistie célébrée à la Cathédrale dans la cour de l'école primaire Tsaka Tsaka à Butembo. Partout où la délégation a été reçue l'expression des douleurs des chrétiens est revenue dans les mots de circonstance. Au retour de nos hôtes le dimanche 14 décembre 2014 l’Évêque de Butembo-Beni a exprimé sa gratitude au Saint Père pour ce message de réconforte et l'espérance ranimée par nos pasteurs et nos frères chrétiens du monde. 
Nous continuons à prier pour la paix en nos cœurs et dans le monde entier.

mardi 9 décembre 2014

P. MORAND KLEIBER MERITE ETRE PARMI LES ANCETRES DE LA PROVINCE D'AFRIQUE



Le Père Benoît Gschwind, Provincial d’Europe des assomptionnistes,
sa communauté et sa famille,
vous font part du décès, dans sa quatre-vingt-treizième année, du
Père Morand KLEIBER, Augustin de l’Assomption
le 4 décembre 2014 à Albertville.
Ses obsèques seront célébrées le lundi 8 décembre à 15h00
en la chapelle de la communauté assomptionniste Notre-Dame des Vignes
300, rue Edouard Piquand 73200 ALBERTVILLE.
Le Père Morand Kleiber, aa. a été un grand formateur au scolasticat de Valpré, puis au Congo : Scolasticat Saint Augustin de Bulengera. La province d’Afrique le connait depuis 1983 où il est arrivé après son mandat de provincial de Lyon en France et deux années sabbatiques à New York et Boston. D’origine alsacienne il est né à Illfurth le 30/03/1922. Il entre à l’Assomption et fait sa première profession le 01/11/1941. Après son ordination le 02/03/1947 il a continué les études à l’Université de Lyon jusqu’à la maîtrise en philosophie en 1949 et en théologie en 1953. Selon ses propres préférences il a beaucoup plus été philosophe que théologien. Il a rendu service d’enseignement à Lyon, à Paris et dans les scolasticats de l’Assomption. Les années 80 comme les scolasticats assomptionnistes d’Europe se vidaient de plus en plus les enseignants assomptionnistes se tournent vers l’Afrique et le Madagascar. Morand est de ceux qui se sont investis au Scolasticat Saint Augustin de Bulengera qui n’était qu’en ses débuts.
Ici à l’ISEAB il a enseigné beaucoup de cours de philosophie à plusieurs générations de nos frères assomptionnistes. Dès son arrivée il a fait face à la crise de relations fraternelles qui a secoué le Scolasticat de Bulengera et toute la province. La confiance a fait défaut entre les jeunes assomptionnistes africains et nos frères missionnaires. L’avenir de l’Assomption africaine n’était pas encore convainquant. Le Père Morand a su jouer un très grand rôle d’un homme expérimenté en gestion des relations humaines comme quand il était encore provincial de Lyon. Il a sauvé le chapitre local qui venait de capoter après une révolte des africains qui menaçaient de quitter la congrégation. Alors que les responsables de l’époque allaient inconsciemment laisser glisser une certaine ségrégation dans la vie communautaire, le Père Morand n’a pris que la Règle de vie comme guide dans l’élaboration du chapitre local.
Chaque année, Morand est venu en Afrique pour ses enseignements, mais il en profitait pour combattre la ségrégation en rappelant la vie communautaire. Il s’insurgeait contre la séparation des réfectoires et des salons entre formés et formateurs. Il a enrichi la bibliothèque de Bulengera en amenant des ouvrages neufs, en abonnant la communauté à des revues scientifiques. Chaque année il venait avec des courants scientifiques à la une. Même dans sa vieillesse il enseignait pourtant des idées innovatrices avec son intérêt pour la révolution scientifique. Comme il est à l’aise en allemand et en français il a rendu accessibles et compréhensibles des matières aussi coriaces que la métaphysique, l’herméneutique, la phénoménologie… Les derniers jours de son séjour en Afrique, en dehors de l’auditoire il se plaignait des acouphènes (maladie de bourdonnement d’oreilles), mais en donnant cours il sautait comme une gazelle quand les jeunes lui entonnaient ses chants fétiches de « Vivuya vingaha » ou « Zaiko ». La vieillesse ne compte plus dès qu’il entre à l’auditoire.
A côté des enseignements il s’est intéressé aux actions sociales. Alors qu’il apprenait encore le kiswahili mais lisait déjà bien, il ne manquait pas d’aller célébrer la messe des « watoto » dans les paroisses qu’il fréquentait, surtout Kyondo. Il était content de visiter les enfants orphelins. Il en a profité pour intervenir par des actions ponctuelles ou des financements de certaines activités de l’orphelinat. Il a progressivement développé une sensibilité à la misère de la population. Jusqu’à sa mort il a tenu à cœur la prise en charge des personnes du troisième âge et des diabétiques au centre médico-diététique qui porte aujourd’hui son nom au quartier Kavitero. La même préoccupation, il l’a manifestée à l’ADL-Assomption.
Le Père Morand Kleiber a formé des jeunes et aidé des vulnérables. Nous confirmons le témoignage du provincial d’Europe quand il dit : « En Afrique, le père Morand a formé des générations de philosophes. A Albertville, il aimait dire qu'il passait sa journée en Afrique en développant son réseau de bienfaiteurs, et que le soir après une journée bien remplie, il dormait en Savoie. La province d'Afrique et toute la congrégation lui doivent beaucoup ». Il demeure vivant pour toujours dans les cœurs de ceux qu’il a aimés et assistés jusqu’au bout. Les premières générations de l’Assomption africaine sont marquées par son modèle d’enseignant infatigable et d’homme de communauté. La province d’Afrique rend grâce à Dieu pour ce qu’il a été pour nous tous. Maintenant qu’il repose en paix, nous le comptons parmi nos ancêtres.