Je suis celui qui t’adresse ce
message, un religieux prêtre Assomptionniste de la province d’Afrique. Je suis
né au Congo et j’y ai grandi. L’amour que j’ai envers ce beau pays me pousse
souvent à réfléchir sur la misère qui y règne. Ma fierté d’être congolais a
toujours été contrariée par les humiliations de toute sorte vécues dans ce pays.
Plusieurs fois j’ai pensé comme un païen ; pourquoi ceux qui,
manifestement n’aiment pas ce pays sont ceux qui jouissent infiniment de sa
richesse et de sa beauté ? Pourquoi, notre Dieu qui est Juste peut-il
permettre de choses comme cela ? Pourtant dans toutes les églises ce sont
les prières de demande, d’intercession et d’action de grâce pour tous les
hommes, pour les chefs d’Etat et tous ceux qui ont de responsabilités qui
ressortent pour que le monde puisse mener une vie dans le calme et la sécurité (1Tim
2,1-8) ! Faut-il crier plus fort pour que notre Dieu écoute ?
Pourtant je crois aussi que notre Dieu veut que tous les hommes soient sauvés
et arrivent à connaître pleinement la vérité. Avons-nous souvent et partout
prié saintement, sans colère ni mauvaises intentions pour que notre prière
plaise au Seigneur ?
-La situation du Congo en général
et celle de l’Est en particulier, sont une preuve de manque d’amour du peuple
congolais envers son pays et de façon particulière, manque d’amour de la part
du gouvernement. Si ce gouvernement existait vraiment, il essaierait de prendre
en charge tout ce qui se passe à l’Est du pays. La moindre de choses par
laquelle il commencerait, serait de punir ceux qui sèment le chaos et ceux qui
en profitent. Vous comprendrez que cette simple chose devient difficile parce
que on est soi-même semeur et profiteur de ce chaos. Mais comme il
est plein de lui-même ce gouvernement, il ignore tout et se plait à passer le
temps dans des discussions et querelles de mots (référence aux Concertations
Nationales). Saint Paul nous aiderait à comprendre que de tout cela ne sort que
rivalités, discordes, insultes, soupçons malveillants, disputes interminables
de gens à l’esprit corrompu, bref, le chaos (Cf. 1 Tim 6,2-12).
Mon frère, ma sœur, c’est le
moment favorable, c’est le jour du salut pour toi et pour moi. Ne laissons-nous
pas passer sans effets ce temps de grâce. C’est une promesse de Dieu
lui-même : Au moment favorable, je
t’exauce, et au jour du salut, je viens à ton secours (2 Co.6, 2). Je veux dire, ce temps de Carême est pour toi et
pour moi, un moment d’expérimenter
l’amour, d’oser faire le bien
parce que c’est un bien. Dans le secret, efforçons-nous chaque jour, chacun là
où il se trouve de faire ce qui est bien, et en suit de demander la vraie paix
pour notre pays. N’attendez pas que l’autre fasse ce bien, faites-le,
faisons-le pour qu’un jour nous nous retrouvions en train de faire le bien et
de jouir de ce bien qui ne déçoit jamais.
Exténué par la souffrance et
inquiété par l’aggravation de la crise généralisée, le peuple congolais a
besoin de ton ‘’silencieux signe d’amour’’, de mon ‘’signe d’amour sans bruit’’.
Vois un peu la tristesse de ces familles qui ont perdu les leurs, parce que
kidnappés ; regarde ces enfants en haillons, affamés, mal propres et sans
sourire, accroupis devant les portes de leur cases ; Imagines-toi une
maman qui passe la nuit sans sommeil, se demandant comment faire pour atteindre
son champs de patates et retourner sans se faire violer ; Mets-toi à la
place d’un papa instruit et qui se réalise inutile et irresponsable, parce que
incapable de scolariser un seul enfant… Jeune Congolais, jusques à quand vas-tu
supporter cette laideur de manque
d’amour dans ton cœur et qui te fait perdre les repères ? Te crois-tu
honoré par cette jeunesse vraiment inconsciente de son passé, incertaine de son
présent et complètement aveuglée de son futur ?
Mes chers frères et sœurs, qui, en ce moment au Congo, à l’Est du Congo ne sont sûr de quoi que ce soit ? Chers jeunes, comme partout dans le monde,
vous étés l’espoir du Congo de demain. Réveillons-nous ! Et au lieu de
nous livrer à un inutile désespoir, mettons au plus tôt la main à l’œuvre.
Essayons de haïr le manque d’amour et créons cet amour autours de nous. La bouche parle de l’abondance du cœur, et la bouche ne dit souvent rien, parce
qu’il n’y a rien dans le cœur pour la cause de Dieu nous dit le Père
Emmanuel d’Alzon. Ne nous sentons-nous
pas visés par ces paroles ? Peut-être que nous sommes incapables devant
cette crise congolaise, parce que nous sommes vides nous-mêmes d’amour. Même
s’il a vécu bientôt deux siècles avant nous, le père Emmanuel d’Alzon nous
invite à avoir le courage de vouloir la
vérité, d’aimer la vérité, de vouloir l’entière vérité (ES. p.610). Je ne veux plus continuer à être victime de manque
d’amour, je veux et je vais oser vivre l’amour pour mettre fin au chaos. Bon et
fructueux temps de Carême à chacun de vous ! Tout à vous pour le Règne, Padre
KIZITO VYAMBWERA Henri,a.a.
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